Les monstres n’existent pas



Installation immersive/sculpturale et performance 

Table de salle à manger, asiettes et verres gravés de textes au laser, impressions de textes sur nappe en tissu

2025 - présentée dans l’exposition collective Décanter la nuit curaté par Thibaud Leplat et David Pons

Depuis 2021, il s’intéresse à l’histoire de son grand-père, homosexuel inavoué et, selon sa grand-mère, assassiné par l’un de ses amants. Si, dans ses précédentes installations, il explorait les conditions de clandestinité de la communauté homosexuelle gay des années 1950 et 1960 à Bruxelles, il propose ici d’aborder un autre versant de cette histoire : la figure du « pédé bourreau ». Non pas seulement celle d’une victime d’un système d’exclusion, mais aussi celle d’un homme qui incarnait en société le modèle du bon père de famille, tout en devenant, une fois les rideaux tirés, une figure plus sombre pour les siens. Il ne s’agit pas d’établir un récit binaire, mais de tenter de comprendre les mécanismes à l’œuvre au sein du cercle familial. Sur la table, une nappe, des assiettes et des verres accueillent des fragments de récits : un dialogue entre le livre de son père,  Les mots de ma mère, qui rassemble dix années de conversations avec sa mère,  et les carnets de recherche de Paul, véritables matériaux d’enquête. Peu à peu se dévoile la figure du père : bourreau et victime tout à la fois. Paul s’attache ici à reconstituer le théâtre qui s’est joué.

Texte :  Thibaud Leplat et David Pons
Images : Amélie Berrodier






Le soir du vernissage, l’installation Les monstres n’existent pas était activée par une performance d’Adèle Pasquier, réinterprétant des plats familiaux traditionnels de la grand-mère paternelle de Paul Gérard : pêche au thon, baba au rhum et frites en zigzag.